lundi 3 novembre 2008
par
Rene Mages (ramix)
Article n°310
Bruxelles, le 3 novembre 2008 - La Fondation pour une infrastructure informationnelle libre (FFII) a demandé au Conseil de l’UE une douzaine de documents secrets relatifs à l’Accord de Commerce Anti-Contrefaçon (ACTA) . Derrière des portes closes, l’Europe, les Etats Unis, le Japon et d’autres pays sont en train de mener des négociations sur ACTA. Les parties prenantes de la négociation envisagent de rendre public le texte d’ACTA une fois seulement qu’elles auront trouvé un accord sur le texte proprement dit .
A partir d’une fuite d’informations, la FFII est vraiment inquiète qu’ACTA puisse donner les moyens de racketter les chefs d’entreprises en brandissant la menace des brevets, de conduire au contrôle des abonnés à Internet et de criminaliser les partages de fichiers en peer-to-peer.
Concernant ACTA aussi bien les parlements que le grand public sont dans le noir le plus total. Les parties prenantes, les experts ainsi que les organisations d’interêt public ne peuvent consulter les documents relatifs à ACTA. Le Parlement Européen et les états membres de l’UE ont un droit de veto sur certains points d’ACTA. Selon Ante Wessels un analyste de la FFII : « Les parlements ne peuvent se faire une opinion sur ACTA et en conséquence seront mal préparés à exercer leurs droits ».
Sur son site la Commission Européenne appelle ACTA « hors des sentiers battus » (en anglais « path breaking »). La Commission juridique du Sénat Américain se déclare préoccupée par le fait qu’ACTA pourra imposer des règles de protection telles que sera entravée la possibilité dont dispose le Sénat de conduire dans le futur des changements constructifs de politique. En septembre plus de 100 organisations d’intérêt public ont fait une demande officielle auprès des pays qui participent aux négociations ACTA de publier sur le champ le texte en cours d’élaboration de l’Accord.
Ante Wessels : « Avec la directive sur les Inventions mises en oeuvre par ordinateur, nous avons pu finalement convaincre les gens qu’il s’agissait en fait de brevets logiciels. Cette fois ci la Commission et le Conseil gardent au secret tous les textes. Nous estimons qu’une législation furtive n’a pas sa place dans l’UE. »
La FFII trouve du soutien dans un récent jugement de la Cour de Justice des Communautés Européennes (CJCE). Dans le procès Turco, la Cour souligne l’importance de l’accès aux textes législatifs préparatoires : " L’ouverture à bien des égards contribue à renforcer la démocracie en permettant aux citoyens de prendre connaissance dans le détail de l’intégralité des informations qui constituent les fondements d’un acte législatif. La possibilité pour les citoyens de se renseigner sur les types de soutiens d’une action législative est une condition première à l’exercice réel de leurs droits démocratiques.’
Documents demandés
La FFII demande les documents suivants dans leur intégralité, donc sans aucune suppression.
Tant par leur nombre que par le détail de leur titre ces documents sont la preuve que les négociations en cours ont déjà atteint un stade avancé.
Liens
Contacts
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Ante Wessels + 31 6 100 99 063 ante at ffii.org (Dutch/English)
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